Retour sur son séjour en néonatalogie et nos visites

Juste après sa naissance, notre petit cœur a été transféré dans un hôpital situé à quelques dizaines de kilomètres de celui où j'avais accouché afin d'être hospitalisé en service de néonatalogie. Comme il est né prématuré à 32 semaines de grossesse (soit 34SA), les médecins n'ont pas voulu prendre de risque et ont préféré le garder sous surveillance médicale durant plusieurs semaines. Il a été placé en couveuse, avait une sonde dans le nez qui descendait jusqu'à son estomac afin de le nourrir si besoin, ainsi qu'un capteur sur le pied qui calculait son rythme cardiaque et son pourcentage d'oxygène...

Les premiers jours, il avait également une perfusion qu'on lui a rapidement retiré. Durant son séjour, notre bébé nous a fait la jaunisse (ce qui explique la cure sous les lampes bleues que vous voyez sur la photo). Malgré le fait qu'il n'ait pas pu rentrer à la maison avec nous à ma sortie de la maternité et la fatigue des aller-retours quotidiens à l'hôpital pour être auprès de lui, nous n'avions pas à nous plaindre car notre enfant était en bonne santé. Certains parents n'ont pas cette chance malheureusement... En ce qui nous concerne, notre petit bout pesait presque 2,5 kg à la naissance, ce qui était une très bonne surprise quand les médecins l'ont posé sur la balance car d'après la dernière échographie on s'attendait à ce qu'il pèse 500 grammes de moins. Quand on sait qu'il avait toutes ces semaines d'avance, on se dit que ça aurait sûrement été un gros bébé s'il avait été jusqu'au terme ! A force d'aller rendre visite à notre fils, nous nous sentions un peu "chez nous" à l'hôpital. On pouvait aller voir notre bébé quand on le souhaitait, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Vous allez voir que nos visites étaient rythmées par un certain train-train quotidien. On devait faire chaque jour la même chose... Voici notre programme...



Tous les jours, nous arrivions en tout début d'après-midi afin d'être présents pour la tétée de 14h30. A notre arrivée dans le service de néonatalogie, il nous fallait enfiler une blouse bleue jetable et se désinfecter les mains avec une solutions hydroalcoolique. Je déposais ensuite ma petite glacière contenant les biberons de lait que j'avais tiré depuis la veille au soir afin qu'ils soient envoyés au lactarium pour contrôle avant de revenir quelques jours plus tard pour être donnés à boire à mon fils. Je rejoignais ensuite mon petit bébé dans le minuscule box qui lui avait été attribué. C'était une toute petite pièce, sans fenêtre, dans laquelle on pouvait à peine se retourner. On passait des après-midi entiers dans l'obscurité, sans voir la lumière du jour. Lorsque nous arrivions, Bébé se réveillait et commençait à réclamer à manger. C'était déjà l'heure de la première tétée contre maman. Je donnais donc le sein à mon fils et s'il ne buvait pas sa dose complète, alors quelqu'un venait lui donner un complément qui passait par sa sonde. Pour savoir combien de ml bébé buvait, il fallait le peser avant et après chaque tétée et calculer la différence de poids. Ensuite, je le gardais un peu au bras le temps qu'il digère puis venait l'heure pour moi de tirer mon lait (de 15h à 15h30 environ). C'est donc le papa qui prenait le relais et gardait son bébé dans ses bras. Durant ce temps, je mettais en place le tire-lait et m'installais pour une demie heure de pompage... C'est quelque-chose que je n'aimais pas mais qui était nécessaire. Lorsque la séance de tire-lait était terminée, je transvasais le contenu dans un biberon en plastique, l’étiquetais (nom, prénom, date, heure du prélèvement) et j'apportais mon biberon de lait au frais car ce qui était tiré à l'hôpital pouvait être directement donné à mon fils (contrairement à ce qui était tiré à la maison). Ensuite je changeais sa couche et reprenais un peu mon bébé dans les bras. Puis nous lui donnions son bain un jour sur deux afin de ne pas trop le fatiguer (il ne fallait pas qu'il ait froid et perde trop de calories pour ne pas perdre de poids). Le temps de prendre quelques photos et c'était déjà l'heure de la deuxième tétée de 17h30. Je mettais mon enfant au sein encore une fois, s'il ne prenait pas sa dose de lait complète alors quelqu'un venait lui donner un complément, puis je devais à nouveau tirer mon lait pour qu'il en ait pour la soirée et la nuit. Pendant ce temps, mon mari le gardait sur lui puis lui changeait sa couche. Oui, c'était exactement la même rengaine qu'en début d'après-midi. Une fois les accessoires du tire-lait lavés et rangés, nous embrassions tendrement notre bébé et lui disions au revoir et à demain. Il était environ 19h-19h30 quand nous partions de l'hôpital. Le lendemain, la même journée nous attendait. Et ce, durant 3 longues semaines...


Comme vous pouvez le voir, les moments passés à l'hôpital ne sont pas des plus agréables. Nous ne sommes pas chez nous, nous ne sommes pas totalement à notre aise, nous ne pouvons pas profiter de notre enfant comme nous le souhaitons car il a un capteur relié à une machine qui ne cesse de biper pour rien car il ne capte pas très bien. Il suffit que bébé s'étire et tende un peu sa jambe pour qu'un BIP BIP BIP incessant résonne bruyamment dans la pièce. J'aurais préféré que notre bébé naisse trois semaines plus tard et puisse rentrer avec nous à la maison tout de suite. Cependant, à aucun moment je n'ai déprimé. Nous étions juste lassés et fatigués de devoir sans cesse aller à l'hôpital pour pouvoir voir notre enfant qui nous manquait lorsque nous étions à la maison. Mais il était sous bonne garde en néonat', si quelque-chose n'allait pas des médecins étaient là pour s'occuper de lui. C'était rassurant de savoir ça. A la fin de son séjour 3 semaines plus tard, il a fallu que j'entre en chambre mère-enfant. C'était le passage obligé pour voir s'il était autonome au niveau des tétées sur 48h. Quand ils ont vu que tout allait bien, nous avons enfin pu sortir en compagnie de notre fils. Ce fut un soulagement !

Qui a vécu un séjour en néonatalogie pour son enfant ?
Comment l'avez-vous vécu ?

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6 commentaires:

  1. Personnellement je n'ai pas vécu cette expérience et j'espère arriver au terme de ma grossesse (du moins, bébé n'aura le feu vert qu'aux 8 mois révolus), mais ma maman si pour ma petite soeur née à 6 mois... et avant cela pour deux jumeaux qui n'ont pas survécus à leur prématurité. Sensibilisée à ça je travaille régulièrement avec une association de ma région qui vient en aide aux parents de prématurés en leur apportant soutien et conseils, en les aidant dans les démarches et en apportant du matériel nécessaire au service de néonat' de l'hôpital de Perpignan... chaque histoire est différente, chaque parent a vécu cet épisode différemment, et être séparé de Bébé durant ces premiers jours de vie doit être un déchirement ! Mais l'essentiel est de voir que Lucas était en bonne santé et que cette expérience n'a pas été vécue comme un traumatisme :) ...

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    1. Ohhh je suis vraiment désolée pour ta maman... Ça a dû être tellement difficile pour elle... C'est si triste de perdre ses enfants à cause de leur prématurité... Ce que tu fais pour ces familles est formidable ! Tu leur apportes ton soutien et je suis sûre qu'ils apprécient beaucoup. Je me rends compte que nous avons eu beaucoup de chance car notre petit bout était tout de même en bonne santé malgré sa naissance prématurée et c'est sans doute aussi pour ça que nous n'avons pas vécu cette période comme un traumatisme.

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  2. Je n'aurais pas aimé vivre ces allers-retours, c'est dur de ne pas avoir son bébé près de soi ! :( Je suis vraiment désolée pour toi. Mais est-ce que ton accouchement s'est bien passé au moins ?

    Oh tu sais pour le poids mon bébé pesait 2kg700 donc pas beaucoup plus épais que le tien mais pourtant il est né 5 jours avant le terme... J'ai vraiment une crevette ! Lol. Et le mien n'a pas eu la jaunisse mais par contre ils lui ont fait le test une bonne dizaine de fois par jour. Chaque fois qu'une sage-femme ou un docteur passait près de lui il lui faisait le test... "Je lui trouve le teint un peu jaune quand même", alors je leur disais "Mais on vient de lui faire le test et c'est bon !", "Oui mais je vais vérifier quand même"... Ouais. J'ai fini par leur dire "Heu... C'est pas parce qu'il est eurasien plutôt ?". Ils ont finit par arrêter... ! Lol.

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    1. Oui c'est difficile d'être séparée de son enfant, mais heureusement il était en bonne santé. Ça nous a aidé à mieux vivre ces moments. Les aller-retours étaient pénibles c'est sûr, mais ce n'était rien en comparaison des pauvres gens qui craignent pour la survie de leur enfant prématuré. Oui mon accouchement s'est bien passé je te remercie. J'ai eu droit à la péridurale et du coup je n'ai pas ressenti de douleur. Beaucoup de personnes nous ont dit que leurs bébés avaient quasiment le même poids que le notre à la naissance, alors que les leurs étaient nés à terme. Je pense que ça a joué sur la bonne santé de mon bébé, heureusement qu'il pesait déjà autant à ce stade ! L'anecdote concernant la supposée jaunisse de ton bébé m'a bien fait rire ;-)

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  3. quelle courage et quelle force !!! C'est dingue de voir que l'on peut assurer à ce point sans être préparée à la chose et d'être si positive. C'est tellement inspirant pour moi qui commence tout juste mon 3ème mois de grossesse !!

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    1. Je te remercie pour ton commentaire :-) Je te souhaite une belle grossesse (qui aille jusqu'au terme pour ne pas avoir à subir tous ces inconvénients dûs à la prématurité). Quand on devient maman, notre façon de penser change. On devient plus forte car un petit être fragile a besoin de nous. Tu verras ;-)

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